août 2009


Au courrier du début août, il y avait une copie du projet de convention Etat-Ville pour la mise à disposition de conservateurs de bibliothèques à titre gratuit.
Rien de changé par rapport à ce qu’on nous avait montré lors de la réunion du printemps dernier.
Quatre conditions pour cette mise à disposition :

  1. préservation du patrimoine (c’est moi !)
  2. mise en œuvre de projets numériques (c’est encore moi !)
  3. participation à des réseaux régionaux ou nationaux
  4. mise en œuvre de projets territoriaux de lecture publique

L’exercice de fonctions de direction est mentionné à titre éventuel (et à ce que je comprends, peut s’ajouter aux conditions mais non les remplacer), mais je pense que la condition 4. sauvera l’ensemble des postes existants.

La bonne nouvelle – bien que je doute qu’elle fasse l’objet d’une application dans beaucoup de collectivités… – , c’est l’autorisation pour les collectivités de faire bénéficier l’agent du régime indemnitaire en vigueur (question : est-ce compatible avec la « prime de conservateur » que nous verse l’État ?), et que rien d’autre ne change dans notre déroulement de carrière.

Le point pouvant prêter à discussion, c’est la limitation à 3 ans de ce dispositif : si je comprends bien qu’il s’agit pour l’État de limiter son investissement, de pouvoir déployer un conservateur pour des missions courtes (ex. mise en œuvre de réseau, développement d’une bibliothèque numérique pour des bibliothèques plus petites etc.), et de contrôler par là l’exécution des objectifs affichés par une collectivité, je me demande quelles en seront les conséquences du point de vue des postes patrimoniaux (l’objectif étant invariant, sans parler des nécessités du DLI en région), et ce que deviendra le conservateur dont le poste sera « supprimé » au bout des 3 ans (obligé de déménager avec sa famille au gré des missions ? « recasé » en BU ? à la DRAC ? c’est productif ?).

Je prépare l’actualisation des notices de fonds de la Bibliothèque dans le CCFr, et je me trouve confrontée à l’histoire des collections, et surtout aux choix de mes prédécesseurs.
Globalement, les dons et legs ont fait l’objet de ce traitement :
un inventaire sommaire dressé au moment de l’arrivée du don à la bibliothèque, parfois très léger ;

  • un tri effectué dans les imprimés, avec intégration au fonds général ou au fonds lorrain des ouvrages qui n’étaient pas déjà possédés en double. Tout cela sans mention de provenance à l’exception de deux fonds particuliers dont les ouvrages ont reçu un timbre humide spécial à l’arrivée. Même le fonds conservé à part du reste n’a pas bénéficié de cotation spécifique ni continue. Actuellement, nous nous trouvons donc avec une dizaine de collections bien documentées mais introuvables via le catalogue ;
  • l’intégration des manuscrits au fonds général des manuscrits en série continue ; des ensembles de cotes limitent ainsi les différents apports ;
  • le respect de la constitution des fonds d’archives, bien qu’aucun répertoire ni encore moins classement n’aient été effectués jusqu’à ces dix dernières années ;
  • la juxtaposition des fonds d’estampes, leur classement ayant donc pu être effectué en respectant les fonds.

Ainsi, et l’un de nos principaux fonds particuliers en est un cas emblématique si ce n’est caricatural, un ensemble cohérent peut être non seulement dispersé dans les fonds et dans l’espace, mais plus encore dilué dans le fonds général. La situation devient encore plus complexe, mais la réussite de l’opération a été en tout point remarquable, quand on pense que certains fonds ont été pratiquement reconstitués grâce à une donation ultérieure : c’est le cas pour un fonds d’artiste, dont une partie avait été donnée à la Bibliothèque par ses héritiers, et une autre acquise par un collectionneur, ainsi que dans une moindre mesure pour une collection bilbiophilique, dont la Bibliothèque avait acquis une partie et notre collectionneur précédent une autre partie qu’il inclut plus tard à sa donation.

Quelle logique doit-on faire prévaloir pour la mise en oeuvre des instruments de recherche ?

  1. La structure spatiale et organisationnelle actuelle, qui se décline en supports ;
  2. La structure intellectuelle de la hiérarchie et de la généalogie des fonds, avec un traitement différencié entre fonds acquis par la Bibliothèque et donations, qui permettrait de mieux valoriser la complétude de celles-ci (souvent bibliothèque du donateur + quelques manuscrits ou estampes + ses archives).

La seconde option me satisfait mieux d’un point de vue intellectuel, et me satisfera du point de vue du chercheur quand nous aurons tout passé en EAD car le moteur de recherche permettra de rassembler les supports. Néanmoins la première est opératoire au quotidien ; effectivement estampes et manuscrits, bien que de même provenance, ne réclament ni les mêmes soins, ni la même politique de valorisation.