Je prépare l’actualisation des notices de fonds de la Bibliothèque dans le CCFr, et je me trouve confrontée à l’histoire des collections, et surtout aux choix de mes prédécesseurs.
Globalement, les dons et legs ont fait l’objet de ce traitement :
un inventaire sommaire dressé au moment de l’arrivée du don à la bibliothèque, parfois très léger ;

  • un tri effectué dans les imprimés, avec intégration au fonds général ou au fonds lorrain des ouvrages qui n’étaient pas déjà possédés en double. Tout cela sans mention de provenance à l’exception de deux fonds particuliers dont les ouvrages ont reçu un timbre humide spécial à l’arrivée. Même le fonds conservé à part du reste n’a pas bénéficié de cotation spécifique ni continue. Actuellement, nous nous trouvons donc avec une dizaine de collections bien documentées mais introuvables via le catalogue ;
  • l’intégration des manuscrits au fonds général des manuscrits en série continue ; des ensembles de cotes limitent ainsi les différents apports ;
  • le respect de la constitution des fonds d’archives, bien qu’aucun répertoire ni encore moins classement n’aient été effectués jusqu’à ces dix dernières années ;
  • la juxtaposition des fonds d’estampes, leur classement ayant donc pu être effectué en respectant les fonds.

Ainsi, et l’un de nos principaux fonds particuliers en est un cas emblématique si ce n’est caricatural, un ensemble cohérent peut être non seulement dispersé dans les fonds et dans l’espace, mais plus encore dilué dans le fonds général. La situation devient encore plus complexe, mais la réussite de l’opération a été en tout point remarquable, quand on pense que certains fonds ont été pratiquement reconstitués grâce à une donation ultérieure : c’est le cas pour un fonds d’artiste, dont une partie avait été donnée à la Bibliothèque par ses héritiers, et une autre acquise par un collectionneur, ainsi que dans une moindre mesure pour une collection bilbiophilique, dont la Bibliothèque avait acquis une partie et notre collectionneur précédent une autre partie qu’il inclut plus tard à sa donation.

Quelle logique doit-on faire prévaloir pour la mise en oeuvre des instruments de recherche ?

  1. La structure spatiale et organisationnelle actuelle, qui se décline en supports ;
  2. La structure intellectuelle de la hiérarchie et de la généalogie des fonds, avec un traitement différencié entre fonds acquis par la Bibliothèque et donations, qui permettrait de mieux valoriser la complétude de celles-ci (souvent bibliothèque du donateur + quelques manuscrits ou estampes + ses archives).

La seconde option me satisfait mieux d’un point de vue intellectuel, et me satisfera du point de vue du chercheur quand nous aurons tout passé en EAD car le moteur de recherche permettra de rassembler les supports. Néanmoins la première est opératoire au quotidien ; effectivement estampes et manuscrits, bien que de même provenance, ne réclament ni les mêmes soins, ni la même politique de valorisation.

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