novembre 2009


La boîte de conserve ouvre aujourd’hui et… on verra pour combien de temps !

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bridge, de Wolfgang Staudt. La première image trouvée avec le mot-clé « patrimoine » sur everystockphoto.com.

 

C’est vrai, ça. On a toujours l’impression de savoir ce que c’est. Mais quand il s’agit d’en proposer une définition objective, on devient tout de suite moins précis. Voici donc ma définition personnelle, principalement inspirée des lectures professionnelles, de la pratique quotidienne et des demandes ou discours de mes tutelles.

 

Le fonds patrimonial se compose des documents :

  1. dont la conservation permanente doit être assurée ;
  2. dont le contenu participe de l’identité du territoire ou de l’institution dont il se réclame.

En pratique dans notre cas :

  • le fonds de l’État (1) : saisies révolutionnaires et dépôt légal, pour lequel nous avons une mission réglementaire de conservation absolue ;
  • le fonds régional (2) : tous supports écrits ou figurés ;
  • les fonds particuliers (2) : souvent, ils ont à voir avec le fonds régional (donations de personnalités par exemple) même si leur contenu ne s’y rapporte pas toujours.

Les autres fonds, de mon point de vue, ne sont pas patrimoniaux. Ce sont les fonds courants ou fonds d’étude. Une petite partie des documents peut rejoindre avec le temps un fonds de conservation, où l’on tâchera de préserver le contenu avant le contenant.

Ma réflexion à ce jour n’est pas avancée au point de déterminer si un document appartenant au fonds de conservation peut glisser vers le fonds patrimonial. Il ne s’y attache pas pour moi la notion de rareté, de préciosité, ni la même légitimité que pour un document patrimonial. Comme un document d’archive naît avec cette qualité, il me semble qu’un document patrimonial l’est également depuis sa naissance pour l’institution qui le revendique ainsi.
Il faudrait cependant s’y pencher car nous possédons un riche fonds des 19e-20e siècles, non patrimonial, de conservation par défaut dans cette bibliothèque où il n’y a pas (pour l’instant) de désherbage possible. Une des composantes majeures de ce fonds « Moderne » ou « Étude » est un fonds consacré à l’art, actuellement traité comme un fonds de conservation. Doit-il le devenir, au vu de son ancienneté et de sa richesse ? Il faudrait une étude plus poussée de ce fonds, de son histoire (est-ce le simple rassemblement des ouvrages à dominante artistique ?) et de sa composition (quels arts couvre-t-il au juste, et comment ?) avant valider cette option.

Un exercice-cours de Wikiversity propose de s’initier aux collections patrimoniales des bibliothèques.

La collection est séparée en plusieurs divisions, auxquelles est attachée une position : prêt ou consultation sur place. C’est relativement simple au quotidien, encore que je me satisferais volontiers d’une position « consultation sur autorisation » pour les documents de Réserve et les originaux dont il existe une forme numérique.
Mais dans le détail, c’est nettement plus compliqué :

  1. le fonds régional est exclu du prêt par principe. Même lorsque nous avons 5 exemplaires.
  2. on peut trouver deux exemplaires du même ouvrage dans deux divisions différentes… mais parfois deux divisions exclues du prêt.
  3. certains documents qui auraient leur place en fonds régional sont placés en fonds général « pour les faire sortir », au mépris de la gestion bibliothéconomique du fonds.
  4. certains documents au contraire sont placés dans une division exclue du prêt « pour qu’ils ne sortent pas » (les beaux livres très illustrés sur papier glacé).

Tous les cas de figure sont à peu près possibles, donc, avec à la clé des soucis de catalogage et de statistiques évidents, dont nous ne voulons plus.

La première étape a consisté à placer la barrière entre prêt à domicile et consultation sur place, et à la faire admettre à la ronde :
– En consultation = le fonds patrimonial, dans son intégralité. Reste à définir le fonds patrimonial 😉.
– En prêt = tout le reste.

La deuxième étape est de placer en position de prêt à domicile des pans entiers de collections, notamment les exemplaires surnuméraires du fonds régional et de l’un des fonds de conservation. Le premier ensemble fait d’ailleurs l’objet d’un projet complet visant à proposer également des documents en prêt et en libre-accès. La deuxième étape commence à être évoquée dans plusieurs contextes (par les acquéreurs, par les responsables de service).

Je passe sur les questions techniques.

La troisième étape consiste à valoriser ces collections, car je nous trouve beaucoup trop frileux sur ce plan.

Photo sans titre ni auteur :(.