Ce que je retiens des deux jours de colloque à l’INP qui présentaient l’indéniable intérêt de sortir de nos frontières hexagonales :

  • la nécessité du projet scientifique, plus précisément de la collaboration étroite entre université et institution de conservation, pour produire des résultats intéressants tant pour la recherche que pour la curiosité du « grand public ».
  • le quant-à-soi sur lequel, hélas, de nombreuses institutions demeurent quant à leurs collections (voir les trois projets parallèles sur Rousseau et sur Flaubert.
  • le rôle incontournable – et qui le sera de plus en plus – de la BnF pour tout projet concernant le patrimoine écrit. Reste à savoir à quel point il sera encore possible de mener des projets régionaux sans son concours/son regard omniprésent bienveillant.

Un « changement de paradigme »

Répartition du grand emprunt (750 M €) entre 4 grands « agrégateurs » : BnF (patrimoine écrit), CNC (cinéma), INA (audiovisuel), RMN (photo) qui auront pour mission de fédérer des projets partenariaux. La BnF a décliné son projet en 4 axes. Pour Gallica, c’est un changement d’échelle considérable : 500 000 « livres imprimés », 20 M de pages de presse (BnF + journaux), 5,5 M d’images de « documents rares » (tous types dont les incunables), 900 000 documents audiovisuels.

Les projets partenariaux

Ils partagent tous la caractéristique de s’appuyer sur un programme de recherche commencé parfois depuis très longtemps et dont la numérisation n’est qu’un élément dans la préservation des originaux et leur étude. La mise en oeuvre s’accompagne d’un travail de catalogage des manuscrits, afin de fournir des métadonnées fiables et parfois multilingues. Les standards utilisés sont principalement l’XML/EAD, MODS et METS.
Les promoteurs des projets partagent la vision de donner un « accès impartial » au patrimoine commun ainsi que les outils nécessaires à son étude et son appropriation par un public plus large (expositions physiques ou virtuelles, activités pédagogiques etc.).

Le programme Europeana Regia

Programme de numérisation européen de reconstitution de collections royales organisé en 3 parties : manuscrits carolingiens, librairie de Charles V et bibliothèque des rois aragonais de Naples, sur des fondements de recherche scientifique. L’objectif est de reconstituer, mettre à disposition et étudier des corpus de manuscrits.
De très nombreuses institutions sont engagées dans ce projet.
Plusieurs autres projets participant du même principe : la bibliothèque de Matthias Corvin, le « fonds royal » de la British Library, la « bibliotheca Burgundica ».

Autres programmes internationaux

Manuscrits de J.-J. Rousseau (France/Suisse), les incunables en italien, l’International Dunhuang Project (GB, France, Chine, Japon etc.), romandelarose.org
Certains intervenants ont insisté sur le manque de coopération qui grève parfois les projets, alors que les institutions ne devraient pas entrer en compétition les unes avec les autres (ex. coût de la numérisation, droits de représentation).

Autres programmes limités à un pays/une région

e-codices (portail des manuscrits suisses), projet Flaubert (France), Archives de Lorraine, archives des châtellenies savoyardes
e-codices se propose de devenir une plate-forme internationale de recherche sur les manuscrits car l’infrastructure est déjà opératoire : équipe de recherche, atelier de numérisation, site internet.

Points techniques

(interventions moyennes dans l’ensemble)

  • Sur le choix de l’utilisation de l’XML/EAD pour la description des manuscrits et son implantation progressive en France
  • Sur les chaînes de numérisation (présenté par des prestataires de services) qui ont insisté notamment sur les métadonnées à renseigner, le contrôle du rendu colorimétrique et les innovations permanentes.
  • Sur la valorisation : en fac-similés (pour les tables de salon ?), la médiation en ligne (cf. expositions virtuelles et dossiers pédagogiques de la BnF) et les programmes de médiation culturelle plus largement.

Conclusion

  • Répondre à une demande sociale (ex. des archives qui ont commencé par l’état civil)
  • Mener un projet culturel complet
  • Mettre la technique au service de l’intelligence

(Merci @RM pour la prise de notes finale, le dépassement horaire chronique dans ce genre d’assemblée parisienne s’accordant mal avec les impératifs de la SNCF…)

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