juin 2010


Dans un élan de bonne volonté mais de manque chronique de temps, j’ai automatisé la publication des liens vers les pages sauvegardées dans Diigo (fonction Auto Blog Post) avec dans l’idée que, si je n’avais pas le temps d’écrire d’article, j’aurais au moins celui de commenter ces liens.

Cruelle erreur.

Et comme publier des listes de liens et de mots-clés, c’est très vilain visuellement et n’apporte pas grand-chose au débat, j’abandonne et je me remets à dire : « il faut que je publie ».

APN

Il est possible d'utiliser un appareil photo numérique sans dégrader les documents patrimoniaux (WikiCommons - licence CC PD)

Les pratiques de reproduction de documents précieux et/ou fragiles sont très différentes selon les politiques d’établissement. Une fiche technique réalisée par BiblioPat en 2008 puis une nouvelle enquête lancée sur la liste en 2009 avait bien montré cette disparité.
Dans un contexte dépourvu de documents numérisés et surtout de bibliothèque numérique faisant office de « banque d’images », la pratique de la photographie plus ou moins sauvage des collections patrimoniales était fort développée.  En observant les pratiques des usagers dans un milieu dépourvu de tout contrôle, en écoutant le malaise des responsables de collections patrimoniales, et en utilisant un peu de bon sens, voici la procédure qui a été mise en place.

Principes

  1. Pé-da-go-gie : auprès des collègues pour les responsabiliser, auprès des usagers pour les sensibiliser à la fragilité des documents (disons-le tout de suite : ils comprennent en général très bien et très vite qu’on ne photocopie pas un plan du 17e).
  2. Pas d’obstacles inutiles : l’usage d’un APN personnel est autorisé, voire parfois encouragé compte tenu de l’absence d’atelier et de matériel dans l’établissement.
  3. Traçabilité : tout le monde est « fiché » ;).

Mode d’emploi

  1. Toute demande de reproduction est soumise au remplissage d’un formulaire. Celui-ci indique clairement quels types de documents doivent faire l’objet d’une demande d’autorisation.
  2. La règle courante est d’autoriser un particulier ou une personne qui souhaite faire une copie d’un document en bon état de conservation et ne présentant pas de problème majeur de manipulation pour un usage personnel, éventuellement pour un mémoire universitaire non publié à utiliser un appareil personnel en se conformant à quelques conseils simples. Un bibliothécaire peut venir aider l’usager dans sa prise de vue.
  3. Le recours à un photographe professionnel (celui de la collectivité ou celui du demandeur) est fortement recommandé voire obligatoire pour les documents de grand format, en mauvais état, tous les manuscrits (qui ont souvent des reliures problématiques), et dès que le propos de la reproduction est l’usage public commercial (projets d’édition).
  4. Les demandeurs sont encouragés à préciser au maximum les conditions dans lesquels ils souhaitent réutiliser l’image, notamment dans les contextes « publics non commerciaux » (publications universitaires, scolaires, expositions, sites web etc.).
  5. Les bibliothécaires instruisent la demande à différents niveaux :
    1. directement à la banque de prêt si cela ne [leur] pose pas de cas de conscience (« oui » / « non, il faut passer par la case
      3, il y aura un délai »)
    2. à la banque de prêt en liaison téléphonique avec le responsable de collection au moindre doute
    3. en routant toutes les commandes d’images (soit à la demande de l’usager, soit dans les cas prescrits) au service Patrimoine qui se charge du devis, de la mise en œuvre et de la livraison

Bilan

Les usagers ont très bien compris et admis cette formalité supplémentaire, même les habitués. Certains bibliothécaires hésitent encore à prendre la minuscule responsabilité de laisser prendre une photo de leur propre chef, les mêmes qui quelques mois auparavant regardaient d’un air indifférent flasher des fusains par dizaine. On peut donc en conclure que la sensibilisation à la fragilité du document patrimonial a bien fonctionné.
Garder trace des demandes et des images déjà produites est l’un des enjeux des mois à venir (environ 150 CD à expertiser), car il n’est pas souhaitable de reproduire indéfiniment le même document – sachant d’ailleurs que ce sont souvent des happy few qui, tels les stars sur les marches de Cannes, passent sous le feu des projecteurs.
Enfin, la mise en place du programme de numérisation et la bibliothèque numérique, dans lequel sont bien sûr incluses les vedettes, devrait permettre d’une part d’éteindre progressivement les demandes répétées et d’autre part de définir une fois pour toutes des règles d’utilisation des images numériques dans le contexte du web, peut-être en utilisant la nouvelle licence IP si elle est applicable aux données culturelles, ce qui ne semble pas évident pour tout le monde.

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