décembre 2011


C’est un rapport confié en 2010 à Christine Girard et Benoît Lecoq qui vient d’être mis en ligne.  Il commence par un état des lieux du SUDOC et du CCFr et services associés, avant d’essayer de dégager les enjeux du catalogage national : accroître l’utilisation par les professionnels, élargir l’audience des catalogues et la visibilité des ressources, relever le défi du signalement des ressources numériques. Cinq propositions concluent le rapport :

  1. développer et renforcer une stratégie nationale des catalogues collectifs ;
  2. renforcer la cohérence et la visibilité des catalogues ;
  3. mieux circonscrire les périmètres ;
  4. développer la communication autour d’une logique de services ;
  5. améliorer l’ergonomie des catalogues.
bol de groseilles, plume d'oie

Cela ne vous rappelle rien ? - mylorraine.com

Comme pour le précédent rapport commenté dans ce carnet, je me contenterai ici de partager mes notes de lecture, sans chercher à en faire la synthèse complète.

  • Le rapport rappelle avec utilité que le CCFr permet les récupérations de notices, mais seulement de manière indirecte (FTP ou Z39-50).
  • J’y ai appris qu’il était question que l’intégralité des catalogues des BDLI puisse être versé dans le CCFr, les auteurs du rapport n’y voyant guère d’intérêt – dans la perspective de garder au CCFr sa dominante patrimoniale – sinon le rattachement des exemplaires issus du dépôt légal imprimeur aux notices bibliographiques issues du dépôt légal éditeur (rôle d’agence catalographique de la BnF).
  • Si le catalogage des ressources numériques est un enjeu à la fois pour l’ABES et pour la BnF via leurs catalogues respectifs, le rapport précise à juste titre que la plupart des autres ressources documentaires (périodiques, son, image, iconographie etc.) n’ont jamais fait l’objet de ce type de convergence et que leur signalement demeure à la discrétion des établissements.
  • L’exemple archi-connu de la bibliothèque municipale de Fresnes, mais qu’il est bon de rappeler de temps en temps, fournit l’occasion de pointer l’hyper-perfectionnisme local, les bibliothèques corrigeant (!!!) les notices récupérées, et surtout d’encourager la BnF à valoriser le service de récupération des notices bibliographiques et des autorités. Ajouterai-je : « d’encourager les fournisseurs de SIGB à développer les passerelles adéquates ? »
  • Encore une fois est martelée la nécessité pour chaque notice bibliographique de posséder une URI, de lier description de l’exemplaire et ressource numérique/numérisée.
  • Fort heureusement les auteurs du rapport n’oublient pas de souligner que l’enjeu fondamental des catalogues collectifs réside dans les « web services » et l’interopérabilité, mais ils se gardent bien de prôner l’ouverture du CCFr au catalogage direct (comme le SUDOC)
  • J’ai appris l’existence d’ISTEX qui consiste à acquérir des licences nationales de ressources numériques et y donner accès sur une plate-forme unique.

Le rapport se termine sur ces quelques phrases à garder en mémoire, engageant les lecteurs à :

… prendre pleinement acte du fait que les catalogues, toujours utiles à l’identification et indispensables aux opérations de gestion interne, ne sont que secondaires pour les usagers. Le temps et les moyens que la bibliothèque consacre à leur réalisation doivent être réévalués en conséquence. Dans le souci d’une utilisation économe et adaptée des données publiques, il est essentiel que les lourds investissements publics consentis pour les grands catalogues nationaux servent à tous.

Verrons-nous bientôt la grande enquête sur les pratiques bibliothéconomiques locales que les inspecteurs appellent de leurs vœux ? Espérons-le. Nous serons édifiés.

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Joyeux Noël bibliothécaire(s)

La belle et intéressante revue en ligne de la Direction générale des Patrimoines revient sur la prise en compte récente des patrimoines (immobilier, mobilier, intellectuel, écrit…) des universités et grandes écoles en France. Champ à explorer, mais trop souvent déficient en raison d’un manque d’attention de la part de ses responsables et usagers.

50 photos choisies lors du récent concours « Wiki loves Monuments » qui viennent enrichir la déjà très belle exposition virtuelle sur l’Art nouveau ouverte sur Europeana.

Dessin sobre, répartition efficace (magasins/bureaux/salle de lecture), il est à souhaiter que rien n’a été oublié dans ce projet ambitieux qui servira certainement, s’il est réussi, de modèle pour les quelques années  à venir.

avec cette jolie présentation Prezi (en anglais) qui démontre à partir de WorldCat comment l’utilisation des FRBR peut améliorer la pertinence des résultats de recherche (j’espère bien traduire « relevancy »).

un diaporama par Nathalie Daigne et Silvère Mercier où l’on retient que l’important n’est pas l’outil (Facebook) mais d’être « dans le flux » des internautes (50% ont un compte FB). Et aussi l’importance d’un groupe de gestion associé au groupe public.

Il porte le joli nom de Mémoire vive et regroupe tous les établissements culturels municipaux. Pour le moment encore un peu léger sur les contenus, mais prometteur en matière de fonctionnalités. Et interopérable Gallica.

Enfant rieur sous des vêtements d'hiver
Frileux, les archivistes ? Pensez donc ! – By http://www.flickr.com/photos/vatobob/ [, via Wikimedia Commons« ]

La frilosité archivale active (FAA) désigne un comportement compulsif face aux documents.
La frilosité archivale passive (FAP) renvoie à l’immobilisme devant les masses documentaires périmées qui ne demandent qu’à disparaître. On la rencontre surtout chez certains supérieurs hiérarchiques.

Verbatim, irrésistible.

Ne pas confondre la fin et les moyens, une tentation de l’archiviste et du bibliothécaire

Il est d’usage dans notre métier de dire que les archivistes ont 4 missions fondamentales : Collecter, Classer, Conserver, Communiquer. Les célèbres 4C organisent toute notre pratique quotidienne.
Sauf que c’est faux.
L‘archiviste n’a que deux missions : gérer les flux d’information et transmettre le patrimoine. Les 4C ne sont que les moyens indispensables à mettre en œuvre pour remplir ces missions. Nombreux sont ceux qui rétorqueront que c’est une évidence. Que cela va sans dire. Mais je pense que cela va quand même beaucoup mieux en le disant.

Un article de Jordi Navarro à apprendre par cœur, histoire de revenir aux fondamentaux une fois de temps en temps.