C’est un rapport confié en 2010 à Christine Girard et Benoît Lecoq qui vient d’être mis en ligne.  Il commence par un état des lieux du SUDOC et du CCFr et services associés, avant d’essayer de dégager les enjeux du catalogage national : accroître l’utilisation par les professionnels, élargir l’audience des catalogues et la visibilité des ressources, relever le défi du signalement des ressources numériques. Cinq propositions concluent le rapport :

  1. développer et renforcer une stratégie nationale des catalogues collectifs ;
  2. renforcer la cohérence et la visibilité des catalogues ;
  3. mieux circonscrire les périmètres ;
  4. développer la communication autour d’une logique de services ;
  5. améliorer l’ergonomie des catalogues.
bol de groseilles, plume d'oie

Cela ne vous rappelle rien ? - mylorraine.com

Comme pour le précédent rapport commenté dans ce carnet, je me contenterai ici de partager mes notes de lecture, sans chercher à en faire la synthèse complète.

  • Le rapport rappelle avec utilité que le CCFr permet les récupérations de notices, mais seulement de manière indirecte (FTP ou Z39-50).
  • J’y ai appris qu’il était question que l’intégralité des catalogues des BDLI puisse être versé dans le CCFr, les auteurs du rapport n’y voyant guère d’intérêt – dans la perspective de garder au CCFr sa dominante patrimoniale – sinon le rattachement des exemplaires issus du dépôt légal imprimeur aux notices bibliographiques issues du dépôt légal éditeur (rôle d’agence catalographique de la BnF).
  • Si le catalogage des ressources numériques est un enjeu à la fois pour l’ABES et pour la BnF via leurs catalogues respectifs, le rapport précise à juste titre que la plupart des autres ressources documentaires (périodiques, son, image, iconographie etc.) n’ont jamais fait l’objet de ce type de convergence et que leur signalement demeure à la discrétion des établissements.
  • L’exemple archi-connu de la bibliothèque municipale de Fresnes, mais qu’il est bon de rappeler de temps en temps, fournit l’occasion de pointer l’hyper-perfectionnisme local, les bibliothèques corrigeant (!!!) les notices récupérées, et surtout d’encourager la BnF à valoriser le service de récupération des notices bibliographiques et des autorités. Ajouterai-je : « d’encourager les fournisseurs de SIGB à développer les passerelles adéquates ? »
  • Encore une fois est martelée la nécessité pour chaque notice bibliographique de posséder une URI, de lier description de l’exemplaire et ressource numérique/numérisée.
  • Fort heureusement les auteurs du rapport n’oublient pas de souligner que l’enjeu fondamental des catalogues collectifs réside dans les « web services » et l’interopérabilité, mais ils se gardent bien de prôner l’ouverture du CCFr au catalogage direct (comme le SUDOC)
  • J’ai appris l’existence d’ISTEX qui consiste à acquérir des licences nationales de ressources numériques et y donner accès sur une plate-forme unique.

Le rapport se termine sur ces quelques phrases à garder en mémoire, engageant les lecteurs à :

… prendre pleinement acte du fait que les catalogues, toujours utiles à l’identification et indispensables aux opérations de gestion interne, ne sont que secondaires pour les usagers. Le temps et les moyens que la bibliothèque consacre à leur réalisation doivent être réévalués en conséquence. Dans le souci d’une utilisation économe et adaptée des données publiques, il est essentiel que les lourds investissements publics consentis pour les grands catalogues nationaux servent à tous.

Verrons-nous bientôt la grande enquête sur les pratiques bibliothéconomiques locales que les inspecteurs appellent de leurs vœux ? Espérons-le. Nous serons édifiés.

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